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Posté: 18 Oct 2015, 16:41 

Ça date de 2011 mais c'est très intéressants: http://mobile.lesinrocks.com/2011/10/03/actualite/au-coeur-du-marche-de-la-basket-les-fans-de-sneakers-en-colere-119045/


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Propice à toutes les spéculations et toutes les arnaques, le marché de la basket de collection semble obéir à la loi de la jungle. La preuve à Paris, où une boutique concentre toutes les rancoeurs.

Sur le papier, le magasin parisien House of Hoops, planté au coeur du quartier Châtelet-Les Halles, a tout d’un temple de la basket dans lequel les collectionneurs viendraient saliver et se prosterner devant le rayonnage de paires millésimées. Dans la réalité, les choses s’avèrent un peu plus compliquées, voire mouvementées. Récemment, une bagarre y a même éclaté entre un vendeur et un client. Le premier a empoigné le second, qui ne s’est pas laissé faire, et les coups ont volé avant que la police n’intervienne… Anecdotique, l’altercation illustre pourtant les tensions qui agitent actuellement le petit milieu français des collectionneurs de baskets, prêts à faire le pied de grue pendant plusieurs heures puis à payer quelques centaines d’euros pour une paire exclusive.

Au centre de la polémique, un système supposé de revente des modèles les plus rares au sein même de la boutique House of Hoops, propriété du géant Foot Locker et de Nike.

   "Ces derniers temps, nous n’arrivons pas à acheter dans ce magasin les paires que nous désirons parce que les vendeurs les trustent pour les revendre ensuite au moins trois fois leur prix aux clients lésés comme nous, juste pour arrondir leurs fins de mois", accusent ainsi Max Limol et Mourad Bouchajra, fondateurs de la toute fraîche UCS, l’Union des consommateurs de sneakers.

Karim Fermas, le client qui avait eu maille à partir avec le vendeur de la boutique, émet des accusations similaires. C’est après qu’il eut fait remarquer à un vendeur que lui et ses collègues s’accaparaient toutes les éditions limitées que l’incident a eu lieu…

Depuis maintenant une grosse dizaine d’années, le nombre de passionnés de baskets a considérablement augmenté. Résultat, face à une demande croissante, les baskets de collection sont devenues des objets terriblement exclusifs.

"Il y a une sorte d’inconscient collectif débile autour de la sneakers et on se bat pour choper la paire de nos rêves", se désole Charles Margoline, fondateur du site Sneakers.fr. Toujours plus concentré, le marché de la sneakers ne fait désormais plus de cadeau. "C’est la loi de la jungle", résume Jérémy Grégoire, qui anime le forum Sneakers France.

Les histoires illustrant la férocité du milieu de la basket ne manquent pas. Ainsi les files d’attente devant les détaillants avant la sortie d’une édition limitée dégénèrent. En novembre 2010, les vigiles de deux centres commerciaux de Houston, aux Etats-Unis, ont dû appeler la police pour enrayer des bastons entre clients à l’heure de récupérer une paire de Nike Air Jordan XI Cool Grey. En Amérique, principal foyer de sneakers addicts, cinq collectionneurs de baskets ont même été assassinés ces dernières années par des types qui lorgnaient sur la paire qu’ils portaient ou sur leur collection. Cette série funèbre rappelle la une du célèbre hebdomadaire américain Sports Illustrated qui titrait en 1990 "Your sneakers or your life" ("Tes baskets ou la vie").

Au-delà de ces cas extrêmes cantonnés aux Etats-Unis, la basket de collection s’est muée en filon et en support parfait à l’arnaque. Certaines boutiques tentent de refourguer de faux modèles, d’autres revendent à prix d’or des modèles d’essai en très mauvais état. Sans aller aussi loin, des enseignes organisent la pénurie afin de faire monter les prix et nourrir la spéculation.

"Comme tout objet de collection, il y a une culture de la rareté et de l’exclusivité", explique Thibaut de Longeville, réalisateur du docu Sneakers, le culte de la basket. "Pourquoi se plaindre de la spéculation ? Elle a toujours existé, comme chez les collectionneurs de timbres ou de vieilles bagnoles", ajoute Charles Margoline. De fait, la revente permet à certains d’accéder à une paire qu’ils avaient ratée. "Même si le prix de vente est supérieur au prix officiel, on est bien content de choper sa paire", reprend Margoline.


Pourtant, la spéculation a atteint un niveau tel qu’elle semble gangrener le monde de la basket.

   "L’achat et la revente ont pris le pas sur la passion, alerte Thibaut de Longeville. Si autant de monde veut récupérer des baskets aujourd’hui, c’est qu’ils savent qu’ils peuvent gagner de l’argent avec. Pour beaucoup, l’achat d’une paire est devenu une sorte d’investissement rentable. La culture sneakers se meurt."


Dernière illustration de cette tendance : la polémique qui agite aujourd’hui le House of Hoops de Paris.

Fruit de l’union de plusieurs blogs spécialisés, l’Union des consommateurs de sneakers a monté ces dernières semaines un dossier contre la boutique "accréditant l’idée d’un marché parallèle, d’une absence de répartition équitable des produits et d’un mépris des consommateurs". Le dossier s’appuie notamment sur trois sorties de sneakers douteuses. Pour la Air Jordan V Bin, la Air Jordan III BHM et la Air Jordan XIII Ray Allen, le nombre de paires disponibles en magasin le jour de la sortie officielle était nul ou quasi nul. "A chaque fois, les vendeurs se sont débrouillés pour mettre la main dessus", peste Max Limol.

En juillet dernier, House of Hoops de Paris a ainsi négocié avec beaucoup d’approximation la sortie de la nouvelle Air Jordan XIII Ray Allen, annonçant une première série de dates avant d’indiquer aux fans que les paires avaient été déjà vendues. Des collectionneurs ont alors manifesté leur colère en squattant la page Facebook de la marque puis en manifestant devant le magasin, provoquant des altercations avec les vendeurs.

   "Pour la Ray Allen, reprend Limol, j’étais en magasin le jour de la sortie et il n’y avait rien à disposition. Le lendemain, la paire était en vente sur eBay à 900 dollars au lieu des 175 officiels. On a vu aussi un vendeur connu les porter. Pour ma part, j’ai acheté la paire 600 dollars, sur eBay aussi, au meilleur ami d’un vendeur du magasin."

Pour la Air Jordan III BHM, l’UCS dispose d’un ticket de caisse datant de trois jours après la sortie officielle alors que House of Hoops avait annoncé au terme de la journée qu’il n’y avait plus de paires disponibles. Le ticket a été transmis par un proche d’un vendeur du magasin à qui il appartenait.

"Les vendeurs ne sont pas des collectionneurs, ils n’en ont rien à foutre des baskets, ils veulent juste faire de l’argent", explique Axel Adèle, ancien vendeur chez Foot Locker, dont dépend le magasin House of Hoops. "En fait, les releases, ça n’existe pas. Les mecs font de la réception-vente pour eux-mêmes", ajoute-t-il, en indiquant que lorsqu’il est allé en magasin, on lui a plusieurs fois proposé de lui mettre des paires exclusives de côté.

   "C’est une violation totale des règles commerciales de Foot Locker. Si les vendeurs veulent acheter des baskets, ils doivent faire la queue comme tout le monde", explique Limol, qui se réfère à ce qui leur a été notifié en août lors d’une réunion entre l’UCS et des représentants de Foot Locker et de Nike.

Chez ces derniers, on reconnaît un manque de communication pour la sortie de la Ray Allen. Mais officieusement, on précise que "quelque chose a merdé" et que "certaines personnes au sein d’House of Hoops n’ont pas respecté les règles". Pourtant, personne n’a été débarqué, comme au Nike Store des Champs-Elysées, il y a trois ans, après que la direction eut découvert que le manager et plusieurs de ses vendeurs avaient mis en place un système de revente souterrain. Les responsables d’House of Hoops, eux, n’ont pas souhaité répondre à nos questions.

Au final, la frustration des sneakers addicts met en lumière les problèmes de diffusion des baskets de collection en France. Pour l’UCS, les enseignes qui distribuent ces produits limités se fichent éperdument de leur disponibilité. "Ces magasins cherchent avant tout à vendre en grande quantité des baskets lambda, parce que c’est ce qui rapporte le plus. Ils se foutent des collectionneurs, ça ne représente rien pour eux. Alors ils nous laissent nous battre pour un tout petit nombre de paires autour desquelles tout est permis", souligne Max Limol, ajoutant que la disparition progressive des boutiques spécialisées et l’exclusivité donnée par certaines marques aux grands distributeurs n’ont fait que renforcer ce phénomène.

Raphaël Malkin


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